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Florence Plon
Psychanalyste, journaliste, auteur
formatrice à l'Institut Européen de Psychanalyse et Travail social
Superviseur indépendant, membre de l'association A.S.I.E


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Jeudi 23 février 2012 4 23 /02 /Fév /2012 18:00

Alexis Jenni, L’art français de la guerre, Gallimard, 2011, 633 p, Prix Goncourt .

 

 

C’est la force qui crée la résistance ! Voila ce que nous démontre ce tout nouvel auteur qui fait une entrée tonitruante dans le monde littéraire. Sa voix n’a pas fini de se faire entendre tant elle se déploie et s’amplifie telle celle de ces grands écrivains, à la Zola, à la Céline, au style flamboyant, époustouflant, qui laissent le lecteur épuisé, la crampe au ventre, le souffle court.

Son écriture, à l’instar de ces peintres chinois adeptes du pinceau soyeux et de l’encre opaque dont les pleins et les déliés rendent toutes les nuances de l’ombre et de la lumière, aligne les signes, des plus esthétiques aux plus sordides, sur le papier du passé de notre Histoire, comme on peint une esquisse, où le noir fait sombrer le blanc. On ne sait pas s’il raconte ou s’il dessine tant sa puissance évocatrice fait surgir de descriptions apocalyptiques de ces régions où la nature, désobligeamment sauvage, noie les hommes dans l’enfer. On a là un mélange de la « 317° section », de « l ’armée des ombres » et de « «20 ans dans les Aurès. »

Manier la langue, agencer les mots, inventer ce vocabulaire épique toujours renouvelé, malgré les 600 pages, sans jamais  faiblir ou se répéter grâce à une langue ciselée, aux enluminures délicates… c’est l’exploit de ce bel ouvrage.

Entre écriture et peinture naît l’écrivain de la dignité qui réhabilite la pire injure faite aux victimes : le refus de mémoire.

 

Question : où sont passés les morts, tous ces morts ? Quelle était cette vengeance aveugle, mais ciblée, qui enfouissait des populations entières sous le silence de la disparition. Pas de traces, pas de chiffres, mais la vanité de la force du pouvoir  et du sang versé. Des meutes de paras lancés sur l’Algérie, les loups mercenaires jetés en Indochine, s’avançant sans limites et en toute impunité, vers ce qu’il convient d’appeler, à mots couverts et sans trop faire de bruit, des crimes contre l’humanité. Et au final, pour quoi ?

Pour démontrer que l’autre ne nous ressemble pas ! S’il ne nous ressemble pas, il faut donc se rassembler et l’éliminer. Se rassembler, c’est avoir toujours plus de force. Ces théories ont fait le lit du racisme, de l’esclavagisme, du colonialisme.

Ressemblance et force ne font pas bon ménage : elles se conjuguent pour aller   à l’impasse.  La force, le parti de la force, le parti illégaliste, le parti de l’entre-soi implosent sur des utopies. C’est le rêve infantile de toute puissance et d’annihilation de l’autre qui se réalise. Mais la ressemblance n’a pas de vertu, contrairement à la reconnaissance de l’altérité.

Voilà ce que l’auteur rapporte à grands cris, à grands hurlements, en mettant en ligne de mire l’occupation allemande des années 40, l’Indochine et l’Algérie.

Un livre fort pour dévoiler avec force les tabous du colonialisme et les non-dits des exactions de tous ces conflits où l’homme perd sa part d’humanité et devient un loup pour l’homme.

Un livre qui donne à réfléchir sur le racisme, et ses fondements instables : la race ! Concept hallucinant la race ! Le rejet de l’autre dans sa différence. Attitude qui a toujours engendré la haine et le ravage en mettant en acte l’art le plus inhumain de l’homme, la guerre, qu’il fait avec brio comme aucun animal ne l’oserait. Le retour de l’état de culture à l’état de nature, justifiant la dévastation, et le déverrouillage, en nous, de la pulsion la plus archaïque, la plus froide, la plus profonde qui nous révulse et nous coupe de nous-mêmes dans l’après-coup.

D’où la nécessité bien pensante de ces censures, destructions d’archives, et autres refus de transparence pour lutter contre l’insupportable de l’homme face à l’inadmissible, l’inaudible, l’indicible de lui-même. Oser s’aventurer sur les terrains de la guerre sale, collaboration, occupation, discrimination, ségrégation, est une offense ; offense au passé, offense aux mémoires des crimes perpétrés. … Et pourtant … Il l’ose et développe une méditation, une réflexion, une remise en question d’avant-garde qui viennent heurter les conventions du conservatisme obscur, alors qu’elles devraient être les bases éthiques de notre société dite civilisée.

Et nous, chacun d’entre nous ? Quelle position aurions-nous tenue dans pareille débâcle du jugement, de l’embrigadement, de l’aveuglement ? Quel engagement quelle révolte, quel silence, quelle fuite, quelle adhésion ou quelle résistance ?

Et jusqu’où sous la torture ? Etre témoin n’est-ce pas déjà être responsable ? De vraies interrogations, sans concessions, que l’on élude le plus souvent. Les cafés philo qui fleurissent dans les cités devraient s’en inspirer et s’en nourrir, afin de faire avancer les échanges et désamorcer la méconnaissance.

Et ceux qui en sont revenus ? Les anciens combattants ? Ils n’ont été que combattants de l’instant ; ensuite, ils deviennent combattants d’eux-mêmes définitivement hantés par leurs fantômes. Comment vivent-ils ce passé dont les remugles nauséabonds envahissent les canaux de l’Histoire ? La dictature des conquêtes toujours renouvelées, se voit toujours soumise à l’échec, l’échec qui se love dans la pomme dès lors que l’homme fait fi de lui et lâche les chiens de sa haine.

Toutes les colonisateurs et esclavagistes ont fait ce constat de leur inéluctable retraite devant la détermination de ceux qui de tous temps tiennent bon face à la force illégale qui s’est crue victorieuse.

L’auteur a su dépeindre l’émouvante et pathétique faiblesse de l’homme devant lui-même lorsqu’il se croit supérieur à l’autre et transforme l’émotion en horreur et la fragilité en sauvagerie …

 Florence Plon pour Cultures et Sociétés 2012

 

Par Florence PLON - Publié dans : critique littéraire
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Samedi 29 octobre 2011 6 29 /10 /Oct /2011 13:25
Ceci est un e-mail de (Associations Crématistes Poitou-Charentes) envoyé par florence plon (florence.plon@gmail.com). Ce lien pourrait vous intéresser: http://www.cremation-poitou-charentes.fr/CREMA/index.php?option=com_content&view=article&id=141:qvivre-la-perte-fin-de-vie-deces-deuil&catid=5:les-premiers-pas-du-site&Itemid=20
Par Florence PLON - Publié dans : articles psychanalyse
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Dimanche 24 avril 2011 7 24 /04 /Avr /2011 11:31

Yannick Haenel, Jan Karski, Folio, Paris, 2009, Prix Interallié, 194 p, 5,7 €.

 

(à lire, à relire et à diffuser)

 

La conclusion du livre, reprenant la vie atypique et le combat exemplaire de Jan Karski, est sévère : il n’y a pas eu de vainqueurs en 45 ! Seulement des nations qui savaient depuis 42, et ont laissé faire. Et ce, parce que la conscience du monde n’existait déjà plus. Hiroshima et Nagasaki n’ont été que des points d’orgue venant vérifier cette hypothèse.

 La résistance du ghetto de Varsovie a été un carnage inutile : les jeux étaient déjà faits ; elle était vouée à l’échec parce que les grands en avaient ainsi décidé : il n’apporteraient pas l’aide escomptée. Et pas davantage aux juifs qu’on aurait pu sauver tant il était possible de bombarder les rails d’accès aux camps et les installations allemandes d’où se tramait la Shoah.

 Dès 43, la  Pologne était mise aux enchères et les juifs vendus aux Nazis, les accords avec Staline ayant muselé toute action des Alliés en la matière.

Le fond de l’Histoire est toujours économique et tissé de conflits d’intérêts majeurs qui piétinent l’humain sans vergogne.

Il aurait été envisageable de faire émigrer les populations  juives ou de leur créer un état, comme cela s’est fait par la suite, avec les difficultés, certes, que l’on sait… Mais à cette époque de guerre mondiale, aucun état ne souhaitait les recevoir, ni leur ouvrir une terre d’asile. Cela coûtait cher en temps, en négociations et financements, et surtout, personne ne voulait  croire, personne ne voulait savoir, personne ne voulait admettre ce qui se passait : l’Holocauste. Et les conservateurs étaient trop majoritaires au Congrès américain pour que le gouvernement puisse agir autrement.

L’humanité entière est responsable de ces crimes, et pas seulement les Nazis.

 C’est ce que démontre cet ouvrage puissant, poignant et hallucinant où sont dévoilées, en cette période de négationnisme et de laxisme devant le courage et les responsabilités, les vérités qui dérangent.

Tout le monde savait ; on a juste laissé faire en toute lucidité, dans le non dit et le déni total. Ce mensonge organisé s’est développé en toute impunité, les leaders ayant été informés. Personne n’a osé arrêter Hitler dans son sombre processus d’extermination.

 « Tout le monde sait qu’une partie du monde massacre l’autre et pourtant, il est impossible de le faire entendre ». Cet adage a encore de l’avenir…

Qui pourrait en effet reconnaître que l’homme porte en lui les germes de la haine, du massacre et de l’horreur et qu’il se veut un loup pour l’homme ?
Freud l’annonce dès 29, et cet homme, Jan Karski, résistant polonais, témoin de la vie dans le ghetto et de l’extermination dans les camps, est envoyé en 43, comme émissaire auprès des gouvernement alliés, pour donner l’alarme. Son combat pour faire partager ses informations aux grandes puissances alliées sera un échec. Roosevelt l’écoute à la Maison Blanche en sommeillant.

 Il est écouté mais pas entendu dans sa dénonciation de l’infamie. Il écrit un livre dès 44, « Story of a secret state »,  lequel aura un franc succès, ô paradoxe, dès sa sortie, où il partage les hommes entre ceux qui donnent la mort, et ceux qui assistent à la mise à mort. L’accusation est drastique.

Un des rares à l’entendre sera Szmul Zygielbojm, membre du Conseil National polonais, représentant du Bund à Londres, lequel choisira de se suicider, stigmatisant ainsi la finitude de l’espoir !

Au final, Roosevelt et Churchill, à la question d’Hitler sur « que faire des juifs ? » ont eu la même réponse : s’en débarrasser ; Hitler dans le réel, et les politiques, dans le silence.

Karski s’enferme alors dans le mutisme, comme tous les rescapés. Beaucoup sont partis avec leur secret et leur douleur. Ils ont enseveli leur savoir sur les hommes, pour ne pas déranger les hommes. Il ne reprendra la parole qu’en 79, avec peine, lors du film de Claude Lanzmann, film futuriste, dont il assure qu’il ne pourra être compris que lorsque le voile des compromissions se lèvera.


Après 50 ans, les survivants reprennent cette parole dont on les a privés.

 « On peut redonner vie à la parole par la parole » (parole hassidique).

 

Florence Plon 

Par Florence PLON - Publié dans : critique littéraire
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Samedi 19 mars 2011 6 19 /03 /Mars /2011 08:50

Pieds nus sur les limaces, comédie dramatique, de Fabienne Berthaud, avec Ludivine Sagniez, Diane Kruger, Denis Ménochet, distribution Haut et court, 1H48, 2009.

 

Le titre est déroutant pour ne pas dire étrange ; et pourtant, un petit chef d’œuvre se cache derrière, tout en tendresse, en générosité, en qualité humaine.

 La cinéaste se passionne pour son sujet, pour ses actrices et ose réaliser un film courageux, d’une rare exactitude clinique, sur ce tabou de la folie.

Deux sœurs, dont l’une des plus fantasques et l’autre des plus rangées, vont, par la mort de leur mère, s’inscrire sur un chemin, inattendu, qui mettra en résonance leur vécu et leur avenir.

Le poids de l’enfance, le poids de l’éducation, le poids des souvenirs et la confusion ou la fusion de ce passé dans l’âge adulte, apportent une note aussi terrible que lumineuse, aussi dramatique qu’aérienne, toute en gaieté malgré la gravité du sujet. On ne se déprend pas de ce que l’on est, de ce qui vous a forgé, de ce dans quoi l’on s’est construit : une famille qui vous moule et vous structure (ou pas) dès la naissance et ce, jusqu’à la fin de l’adolescence. Les conséquences  sont graves pour la vie d’adulte lorsque la pathologie a pris les commandes.

  Comment faire avec, comment l’intégrer et la côtoyer sans perdre la raison mais en donnant raison au droit d’autrui à se vivre autrement ?

L’auteur le démontre : il y a d’autres alternatives à l’enfermement et à la camisole chimique ; il y a d’autres réponses. Il est possible de prendre le risque de laisser vivre, à son gré, un sujet désarrimé, déstructuré, pour peu qu’il ait trouvé une solution à son angoisse, à son vide, et puisse s’accrocher à un délire, à une personne ou à une construction qui l’étaye ; c’est délicat et tout le temps remis en question, mais ça marche ; c’est aussi la position de la psychanalyse !

 Cette solution est parfois saumâtre, et indigeste, pour les proches : ici l’assassinat de bestioles, euthanasiées sans culpabilité, sous couvert de taxidermie, reliant, dans un nouage qui plairait à Lacan, le pan de la morbidité et de la déchéance, avec la réparation, le tissage des morceaux, la couture des fourrures, dans une production d’objets des plus improbables. Invention d’une efficacité remarquable, dans le registre thérapeutique, pour faire tenir, dans un espoir ponctuel, ce qui a depuis longtemps lâché …

 Par ailleurs, l’auteur pointe avec doigté et tact un autre aspect fort intéressant de ce type de situation.

 Comment des proches, très proches, peuvent se leurrer, se faire leurrer, s’aveugler sur la gravité d’un symptôme en le rabattant sur des comportements lunatiques ou simplement caractériels. On se fait vite manipuler par ces sujets jouissant d’une cohabitation sans fard avec une vérité dont ils se  font des certitudes, mais posant eux-mêmes, sur autrui, un regard totalement lucide… Comment l’habitude de la tendresse, de l’affection et de la tolérance aveugle font passer à côté du danger  extrême de la pathologie .

Les autres, moins proches, ne peuvent faire avec et ont pris le large, mais l’aînée va relayer sa mère, pour éviter à sa soeur la normalisation et  l’embrigadement de l’intégration sociale qui la détruiraient. Si elle sait repousser instinctivement la violence qui affleure chez sa sœur  pour ne pas la persécuter, ni la faire disjoncter, elle se noie dans un projet sans issue. A elles deux, elles résistent. Mais à éviter de regarder les choses en face, en refusant de voir ce à quoi l’on a à faire, l’extravagance, le délire, l’errance, la paranoïa, la pente suicidaire, on prend le risque d’y laisser soi-même sa peau. Quand la psychose* est là, il faut appeler un chat un chat. Jamais on ne lutte mieux que lorsque l’on a identifié l’adversaire. Fabienne Berthaud est allée au fond d’un drame rarement traité avec autant de dignité et Ludivine Sagniez ne joue pas un rôle, mais engage son être le plus intime, sachant que chacun d’entre nous, après tout, est bordé par sa propre folie. Chapeau bas.

 

Florence Plon

 

*et non pas la névrose comme on a pu lire sur Internet où certains spectateurs s’accordent à y voir un film gentiment décalé…

Par Florence PLON - Publié dans : spectacles
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Mardi 15 mars 2011 2 15 /03 /Mars /2011 12:56

Jonathan Safran Foer, Faut-il manger les animaux ? Editions de l’Olivier, 2010, 363 p, 22€.

 

 On avait déjà  les fast-food et les speed-dating… Maintenant on a aussi le quick-writing, à l’américaine : une autre façon de traiter l’écriture ! Vite écrit, vite consommé, pré-digéré, sans construction, ni style, ni réflexion solide. Les éditions de l’Olivier ne sont pourtant  pas coutumières du fait, (coup médiatique ou financier ?) et, autre paradoxe, le consensus de la critique interroge sur les exigences critiques actuelles de la presse. Dithyrambiques commentaires, à l’instar de Michel Schneider, dans Le Point, sur cet essai, considéré comme « ajoutant à l’interrogation d’un penseur du quotidien, le style d’un grand écrivain ». Cela laisse songeur. Autant aller passer ses soirées sur M6, pour y trouver, à l’instar des films porno ou d’horreur, des images à sensations et un ennui certain.

On avale une logorrhée de descriptions, dans une complaisance de détails des plus abjects et sordides, accompagnée d’une pléthore de répétitions qui alourdissent le propos ; profusion de chiffres à sensations, sortis de tout contexte, et témoignages bidonnés, achèvent le tableau. Culte du grand spectacle, des scoops, et du choc des images ! De surcroît, les digressions   l’eau de rose sur l’enfance et les souvenirs familiaux de l’auteur, n’aident pas au suspens. Un pamphlet peut certes être virulent et ciblé, mais n’est pas Bossuet qui veut !

On n’y apprend malheureusement pas grand chose qui n’ait déjà été traité et montré dans moult reportages sur cette question épineuse de la spécificité de l’élevage industriel, dont les télés passent à l’envie des reportages instructifs qu’on ne peut avoir zappés, hormis à ne rien vouloir en savoir !

Le seul mérite de cet ouvrage, à supposer que l’on aille jusqu’au bout, sera qu’on ne pourra plus s’inscrire dans le déni, ni continuer à fermer les yeux.

 

Si l’homme, disait Freud, est un loup pour l’homme, il est aussi le prédateur d’animaux le plus redoutable. L’auteur a su là-dessus être éloquent. Un américain mange 21000 animaux au cours de sa vie.

Elevage vite fait, mal fait, travail d’usine à la chaîne, où dans la rentabilité de l’intensif, se perd l’éthique et le respect minimal envers le vivant : manipulations génétiques, inséminations artificielles, tripatouillages hormonaux, bestialité des abattoirs, ratages à grande échelle…

L’auteur dénonce avec justesse la «  sorcellerie des créatures sur mesure », le mensonge généralisé, la loi du profit et de la rentabilité à tout crin, les conflits d’intérêts, le mépris des lois.

Il est à l’évidence, plus facile de payer des amendes que de se restructurer de manière durable. Comme partout, le manque de courage, de prévention et la mauvaise foi systématique de ceux qui tirent les ficelles, sont aux commandes. Le secteur de l’élevage industriel est un lobby sur-puissant qui fait ce qu’il veut sous couvert de «  l’accroissement de l’efficacité ».

Il se défend en avançant une argumentation imparable : « c’est la demande qui crée l’offre », des populations entières veulent de la nourriture à bas prix et ne sont pas en mesure, ou désireuses, de payer plus cher, pour une meilleure qualité ; donc on nourrit la planète au rabais et ainsi on l’empoisonne, à tous les sens du mot, au prix de la santé humaine, parasitée par les grippes aviaires, les perspectives de pandémies, les virus H5N1, les vaches folles, et autres moutons à tremblote etc…

 Les déjections de porcs, médicamentés à outrance, (moins dans une perspective de guérison que de prévention) partent dans les nappes phréatiques, sans qu’aucune réglementation sérieuse ne puisse s’y opposer. Hécatombe de poissons dans les fleuves, puis dans les océans, évidemment…

La production à bas prix contribue aux changements climatiques et menace la santé des consommateurs. C’est dit.

D’aucuns se battent pour d’autres perspectives, mais aucune solution ni même embryon de solution, ne sont là proposés pour sortir de l’ornière. Est-ce à croire que tout est consommé ?

Une chose est sûre cependant : cela ne donne plus envie de manger des volailles élevées en batterie… Et si, au final c’était l’objectif ? Alors oui c’est gagné !

Florence Plon

Par Florence PLON - Publié dans : critique littéraire
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